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mardi 7 décembre 2010

Noir Désir - Des visages des figures

Avertissement :  Le fait de placer Des visages des figures dans mon palmarès de mes 100 meilleurs albums n'est pas une caution des actes criminels de Bertrand Cantat.  Je le répète, cet album a été enregistré avant le meurtre commis par le chanteur et l'oeuvre artistique qu'il constitue ne peut être accusé de quoi que ce soit.  La dissolution du groupe, annoncée la semaine dernière, était inévitable et constitue une opportunité pour moi de faire le point sur ce grand album.

Avec Des visages des figures, Noir Désir laisse de côté sa rage et son rock engagé pour un son plus calme et une voix plus réservée. Paru le 11 septembre 2001, l'album compte une pièce au titre et au texte prémonitoires :  Le Grand incendie.  Toute une chanson si l'on considère le contexte de terrorisme de l'époque.

Par son texte chargé d'espoir, son interprétation sentie et ses arrangements simples et accrocheurs, Le vent nous portera est aujourd'hui devenu un classique de la musique française contemporaine.  La collaboration de Manu Chao à la guitare se fait bien sentir.  

Et puis, viennent d'autres morceaux marquants que sont L'appartement, À l'envers, à l'endroit, Style 1 et Lost.

Outre l'apport de Manu Chao à la guitare sur Le vent nous portera, cet album marque aussi la collaboration déroutante de Brigitte Fontaine aux paroles et au chant sur L'Europe, long morceau politique de 23 minutes qui clôt l'album.

Je connais très peu l'oeuvre de Noir Désir avant cet album, mais cela me suffit.  Des visages des figures est éclaté, assez rageur à mon goût, engagé, moderne et intemporel.  Un grand album nonobstant ce que l'on peut penser de celui qui en est la principale source créative.

Appréciation personnelle :  9/10

Noir Désir - Des visages des figures - Barcklay Records (2001)

mercredi 30 juin 2010

The Cure - The Head On The Door


Paru en 1985, The Head On The Door est le premier album de The Cure qui affiche un son résolument pop.  En fait, The Cure obtiendra ses premiers grands hits internationaux avec In Between Days et Close To Me, les deux morceaux les plus pop de l'album.  Mais s'agit-il des pièces les plus intéressantes de cet album phare ?  Je ne crois pas.  Il faut porter une oreille attentive à The Blood avec sa piste de guitare hispanique, à Six Different Ways et son groove de piano irrésistible, à Push et son riff de guitare u2esque et à The Baby Screams avec toute son ampleur pop-rock.  Il reste aussi aussi A Night Like This, ma chanson préférée de l'album avec un saxophone inattendu, mais vibrant d'émotions.

The Head On The Door est un album éclaté, sans vraiment de ligne directrice.  Mais la somme de ses chansons aux ambiances variées en fait un album d'une qualité rare.  Robert Smith est un grand compositeur, peut-être l'un des meilleurs de sa génération.  Avec The Head On The Door, il nous montre toute l'étendue de son talent sans pour autant tomber dans la mélancolie gothique qui caractérise beaucoup trop certains autres albums majeurs de son groupe.

Appréciation personnelle :  8/10

The Cure - The Head On The Door - Fiction Records (1985)

jeudi 18 février 2010

Jay-Jay Johanson - Poison

Le trip-hop reprend du galon ces jours-ci avec la parution d' Heligoland de Massive Attack.  Véritable métissage musical, le trip-hop, né au début des années '90 avec Portishead, Tricky, DJ Shadow et Massive Attack, mélange les voix et les mélodies de la musique soul avec les rythme techno-jazz et une orchestration tantôt jazz, rock, folk ou même classique.  


On retient surtout comme albums phares de ce courant Dummy de Portishead, Mezzanine de Massive Attack, Big Calm de Morcheeba et l'inclassable Endtroducing de DJ Shadow.

À mon humble avis, Poison de Jay-Jay Johansson devrait se retrouver dans cette courte liste.  Le chanteur suédois à la voix d'or est un grand négligé de ce courant musical.  Avec Poison, son troisième opus, il livre en 2000 un album magistral.  La rythmique trip-hop est bien mise de l'avant et démontre une recherche intéressante à l'égard des sons et des rythmes.  Le reste de l'instrumentation est simple et adaptée à l'atmosphère de chaque chanson.  Il est difficile pour moi de choisir quelques morceaux importants de l'album.  C'est vous dire à quel point Jay-Jay Johanson a une force de composition hors du commun.  Faites une recherche sur youtube pour écouter Believe In Us, Colder, Far Away, Escape et Keep It A Secret.  Vous entendrez alors un grand artiste.

Et puis si vous n'avez pas le temps, je vous propose Believe In Us, la première pièce de l'album.




Appréciation personnelle :  9.5/10

Jay-Jay Johanson - Poison - RCA (2000)

mercredi 10 février 2010

Gavin Friday - Shag Tobacco

Que dire de Gavin Friday, sinon qu'il est un artiste dans le plus grand sens du terme. Peintre, scénographe, compositeur et interprète, raconteur, deux seuls mots reviennent souvent lorsqu'on parle de lui : cabaret gothique.
L'album Shag Tobacco paru en 1996 est une belle démonstration de cet univers «cabaret gothique». Entouré de ses comparses Maurice Seezer (compositions et arrangements) et Tim Simeon (mix et production), Gavin Friday livre avec Shag Tobacco un album concept nouveau genre feutré d'une ambiance de cabaret 50's à la sauce techno-gothique où semble se cotoyer travestis, chanteurs d'opéra et glam rockeurs et qui mélange à la perfection chansons douces et chansons trash. L'instrumentation y diffère d'un album pop conventionnel. La basse est ominprésente, l'accordéon prend une belle place parmi les guitares à la fois subtiles et sales. À l'écoute de l'album, on retient comme comme chansons phares la pièce titre et introductive Shag Tobacco et la reprise de T. Rex The Slider. Et puis, personnellement, j'accroche sur Little Black Dress, Dolls et My Twentieth Century.
15 ans après, on attend vivement l'album suivant de cet artiste fabuleux, ami d'enfance et influence principale et avouée de Bono.
Appréciation personnelle : 9/10
Gavin Friday - Shag Tobacco - Islands Records (1996)

mercredi 18 novembre 2009

Manic Street Preachers - Journal for Plague Lovers

Je n'ai pas été un gros acheteur de CD et DVD en 2009. Donc, quand on me demande d'identifier l'album de l'année (année qui achève disons-le), je ne crois pas être en mesure de «scorer» très fort.

Mais j'ai la forte impression que Manic Street Preachers se retrouveras dans les listes des revues et critiques de fin d'année avec Journal for Plague Lovers. Et si ce n'est pas le cas, je crirai haut et fort à l'injustice!

Manic Street Preachers nous livre avec Journal for Plague Lovers un album intense qui marque un retour au source pour le groupe britannique. En fait, l'album est en préparation depuis 14 ans, soit depuis la disparition inexpliquée de Richey James Edward, le guitariste et écrivain du groupe. Le poète (parce que c'est vraiment ce qu'il est) avait laissé sufisamment de textes pour permettre à ses trois autres comparses de composer un autre album. Mais voilà, James Dean Bradfield, le leader de la formation a voulu prendre son temps avant de lancer cet album. Entretemps, il s'est mis à l'écriture de paroles, il a donné une tangeante plus pop au son du groupe et il a livré 5 albums.

14 ans après, Journal for Plague Lovers voit le jour. Le résultat est surprenant. Manic Street Preachers fait un retour aux sources musicales du punk. Le groupe montre clairement qu'en 1995 il était en avant de son temps avec son pop-punk qui a été popularisé dans les dernières années par Greenday, Sum 41, Simple Plan et compagnie. Manic Street Preachers prouve qu'il est le précurseur de cette vague et donne une leçon à ces petits groupes que je ne trouve pas toujours sincères dans leur fausse attitude punk.

Journal for Plague Lovers est un abum décapant qui comprend plusieurs chansons très entrainantes et profondes. Il me faudra encore plusieurs écoutes pour l'apprécier à sa juste valeur. Je me promets entre autres de lire les textes plus attentivement parce qu'ils semblent constituer l'essence même de cette oeuvre.

Voici le vidéo du premier extrait Jackie Collin Existential Question Time




Appréciation personnelle : 8/10

Manic Street Preachers - Journal for Plague Lovers - Columbia (2009)

lundi 2 novembre 2009

Crowded House - Woodface

Au départ, Woodface devait être un projet des 2 frères Finn, Neil et Tim. Mais, Neil a su rallier ses 2 comparses de Crowded House pour les accompagner sur cet album qui constitue certainement un classique de la musique pop de la dernière décennie du 20ième siècle.

Tout repose sur les mélodies. Rarement, entend-on aujourd'hui un album aussi simple et si mélodique. Une écoute de Woodface est très contagieuse. On fredonne les mélodies de Chocolate Cake, Fall At Your Feet, Weather With You, It's Only Natural et Four Seasons In One Day pendant des jours durant. Les harmonies vocales sont sublimes. L'instrumentation et les arrangements sont sans prétention et surtout intemporelles.

Mon ami David et moi avions un jour établit un barême bien personnel pour définir ce qu'est un bon album : il faut y retrouver au moins 4 bonnes chansons. Eh bien sur Wooddface, Crowded House nous en livre au moins 10 sur 14.



Appréciation personnelle : 9/10

Crowded House - Woodface - Capitol (1991)

mercredi 23 septembre 2009

Abbey Road - The Beatles

The Beatles ! Pouvais-je ne pas avoir un album du plus grand groupe rock dans mon palmarès ? La réponse est non, bien sûr. Même qu'il a été très difficile d'en choisir qu'un seul. Avec la réédition des 13 albums, l'occasion était bonne de faire la critique d'Abbey Road, celui que je préfère, mais peut-être pas le meilleur selon les fins connaisseurs.

Abbey Road est le dernier album a avoir été enregistré par les Fab Four, mais non le dernier a avoir été mis sur le marché (ce triste honneur revient à Let It Be).

Pour l'histoire, voici quelques faits intéressants :
  • Produit par George Martin;
  • Energistré en juillet et août 1969 aux studios EMI de Londres, renommés plus tard « studios Abbey Road » suite au succès retentissant de ce disque;
  • Vendu à plus de 30 millions d'exemplaires, soit la deuxième meilleure vente du groupe après Sgt. Pepper;
  • Devance toutes les œuvres du groupe au sommet des palmarès, aux États-Unis, au Canada, en Angleterre ou en France, à l'occasion de la réédition de tout leur catalogue remasterisé en septembre 2009;
  • Comprend une pièce longue de 16 minutes, 2 célèbres chansons de George Harrison (dont Here Comes The Sun composée par le guitariste lors d'une pause à l'extérieure des studios alors que la tension entre Paul McCartney et John Lennon était très forte);
  • Popularise l'utilisation du synthétisdeur (Moog) dans le rock;
  • Marque la séparation du groupe avec une dernière séance tous ensemble le 20 août 1969 pour l'enregistrement de I Want You.
L'histoire fascinante de l'album est présentée en détails sur cette page de Wikipédia.

En ce qui me concerne, j'ai toujours trouvé que Abbey Road était l'album le plus complet du groupe. J'affectionne particulière Come Together, Here Comes The Sun, Carry That Weight et I Want You, mais tout l'album est la grande synthèse de ce que sont The Beatles. Merci à ma mère d'avoir eu un jour la brillante idée de m'amener chez Sam's The Record Man pour élargir mes horizons et me faire acheter un disque compilation de John, Paul, George et Ringo.

Rien d'autre à dire. Une simple écoute suffit à comprendre l'importance et l'influence de ce groupe jamais égalé dans l'histoire.

Voici un mini-documentaire qui montre le groupe à ses dernières heures ensemble.



Appréciation personnelle : 9.5/10

The Beatles - Abbey Road - EMI (1969)

vendredi 28 août 2009

Voïvod - Nothingface

En 1986, je fouillais dans les albums vinyles de mes parents et je suis tombé sur Ummaguma, album psychédélique phare de Pink Floyd, qui, à l'époque, a marqué mon goût pour le rock progressif. Je me souviens particulièrement de la pièce Astronomy Domine que j'écoutais en rafales. Alors qu'elle ne fût pas ma surprise d'en découvrir la reprise en 1989 par Voïvod, ce groupe québécois devenu mythique à travers la planète métale.

Pour une première fois dans ma vie de mélomane, j'écoutais un cover meilleur que la pièce originale. Il n'en fallait pas plus pour me convaincre d'acheter Nothingface.

Je ne suis pas devenu un grand fan de Voïvod pour autant, mais Nothingface m'a considérablement marqué avec ses morceaux alliant l'énergie du métal avec les mélodies et les structures du progressif. Toutes les pièces sont bonnes, mais je me souviens avoir particulièrement écouté Missing Sequences et The Unknown Knows. Et puis, pour l'amateur de littérature science-fiction que j'étais à l'époque, les textes me plongeait dans un univers qui cadrait très bien avec mes lectures.

Je n'épiloguerai pas sur les talents du groupe et, en particulier, du guitariste . Pour que Jason Newsted, ex-bassiste de Mettalica, soit aujourd'hui devenu membre du groupe à part entière avant d'avoir été fan pendant longtemps, la preuve n'est plus à faire que ce quatuor de chez nous est un grand groupe.

Je n'avais pas réécouté l'album depuis très longtemps, mais, pour faire cette critique, j'ai replongé dedans avec grand plaisir et je constate après 20 ans qu'il démontrait une modernité étonnante et une qualité d'enregistrement sonore hors du commun. Un classique à écouter dans le tapis en jouant de la «air guitar»!



Appréciation personnelle : 8/10

Voïvod - Nothingface - MCA (1989)

vendredi 21 août 2009

Ryan Adams - Gold

Ryan Adams est-il un génie comme le prétendaient en 2001 certains magazines et journalistes américains ? Avec le recul et plusieurs albums redondants, peut-être pas. Toutefois, à 27 ans, il a créé un album à faire pâlir de jalousie et d'envie des grands comme Bruce Springsteen et Neil Young.

Gold est un magnifique condensé de folk et de rock qui offre une série de chansons exceptionnelles passant du rock endiablé (Firecraker) aux balades savamment construites et planantes (When The Stars Go Blue et Harder Now That It's Over) en passant par du blues sale (Nobody's Girl). La production d’Ethan Johns ajoute à la qualité des compositions. Ce producteur a le don de s'effacer devant l'artiste et de mettre en valeur son oeuvre. Il le fait très bien avec Ryan Adams sur Gold comme il l'avait fait aupravant avec Rufus Wainright, Crowded House et Kings Of Leon.



Ryan Adams nous offre avec Gold une oeuvre qui parraît pleine de spontaniété comme si l'album avait été écrit sur le coin d'une table en une fin de semaine. L'artiste, on le sait, est un drogué notoire. Mais peu importe les sources de son inspiration pour Gold, l'album nous amène faire un voyage au coeur de l'Amérique duquel on en ressort à la fois plein d'énergie, d'ironie et de mélancolie.

Lasses de James Blunt, de Ben Harper et de Damien Rice ? Gold est votre antidote à ces artistes mainstream de la nouvelle vague pop-folk.

Appréciation personnelle : 8.5/10

Ryan Adams - Gold - Universal (2001)

mardi 14 juillet 2009

U2 - Achtung Baby

Rarement un groupe rock s'est-il réinventé comme U2 l'a fait avec Acthung Baby. Dès le départ, je donne mon appréciation personnelle : 10/10.

La réinvention survient à trois niveaux : musical, scénique et philosophique.

Sur le plan musical, l'approche est beaucoup plus audacieuse. Certaines chansons sont denses et brutes comme Zoo Station, The Fly et Until The End Of The World. D'autres sont plus pops et dansantes (ce qui n,a jamais été la force du groupe) comme Mysterious Waves et Even Better Than The Real Thing. Et puis, il y a le classique : One. Le son U2 est toujours là, mais à un degré d'inspiration et de créativité supérieur. The Edge explore des sons nouveaux avec des riffs très accrocheurs tandis qu'Adam Clayton propose à la basse des leads entrainants.

En fait, U2 fait preuve d'une créativité inégalée sur Achtung Baby pour constituer un corpus de chansons qui forme un tout très cohérent et inovateur. Une nouvelle décennie débutait et U2 est venu marquer le pas pour les autres groupes avec cet opus magnifique.

Sur le plan scénique, la révolution est importante aussi. Il faut regarder le DVD Zoo TV Tour à Syndney pour bien saisir cette révolution : répertoire renouvelé, technologie et effets spéciaux, personnification de personnages, messages cyniques.

Mais la réivention est surtout philosophique : «Achtung Baby est le bruit de quatre types en train de scier le Joshua Tree». U2 a voulu se départir de son image de semi-dieux du rock pour plonger de pleins pieds dans la machine du show buisiness. Bono a créé le personnage de la mouche en opposition à l'image de dieu du rock que lui attribuait les médias et même les fans. L'essence de son propos est dans The Fly à la fin de la chanson : «Look, I've got to go. Yeah, I'm running out of change. There is a lot of things if I could I rearange.»



Et à partir de ce constat, U2 se tourne vers ses fans et leur implore de diverses façons d'arrêter de les vénérer et de plutôt développer leur sens critique. Le mesage politique et l'appel à la conscientisation sociale sont toujours là, mais sous un angle très cynique et ironique. U2 a opté pour une dénonciation de la société des médias et de consommation dans laquelle nous vivons en faisant une magistrale démonstration par l'absurde.

À la première écoute, j'avoue avoir été quelque peu boulversé. Avec la chanson God part II parue sur Rattle and Hum, la table avait pourtant été mise. Il fallait s'y attendre un peu. Aujourd'hui, le digne successeur d'Achtung Baby se fait toujours attendre et mon intérêt pour le groupe décroît au fur et à mesure que le temps nous sépare de ce classique.

Voilà. Vous le savez maintenant. C'est mon album préféré.

Appréciation personnelle : 10/10

U2 - Achtung Baby - Islands (1991)

jeudi 12 février 2009

Gomez - How We Operate

Gomez est un groupe qui a émergé de la vague brit-pop (Osasis, Supergrass, Suede, Blur, etc.) en affichant des influences plus américaines que britanniques et en privilégiant des compositions expérimentales. C'est tout ce que je sais de ce groupe et il arrive parfois qu'on ne veut pas en savoir plus au risque d'être déçu.

J'ai effectivement peur d'être déçu parce que l'album How We Operate, leur sixième, est génial. C'est tout simplement une magnifique collection de 12 petites chansons bien construites pleines de joie et de vie.

C'est l'album de 5 gars qui ont décidé de composer une oeuvre qui allait traverser l'épreuve du temps. La base du «songwriting» est là : mélodies simples, harmonies vocales superbes, rytmes et riffs mémorables, textes épeurés et poétiques. J'ai un penchant pour See The World et How We Operate au début de l'album, mais cela ne veut pas dire pour autant que l'album s'essouffle rapidement.

Voici le clip de See The World, une chanson qui aurait pu être écrite par REM à une autre époque.



Appréciation personnelle : 8/10

Gomez - How We Operate- ATO (2006)

lundi 29 septembre 2008

The Raconteurs - Consolers of The Lonely

Deux ans après la sortie Broken Boy Soldier, le super groupe de Jack White revient en grande forme avec un album épatant, j’ai nommé Consoler of the Lonely.

Après la première écoute, on comprend mieux le titre de ce recueil de merveilles qui est un vrai remède contre la solitude. Plein de joies, de grooves, de rage et de mélancolie, Consolers of the Lonely tisse un univers musical éclaté, mais avec un trame bien sentie qui nous plonge dans un univers style «troubadours rock du mid-west américain», un album qui sent l’automne, les feuilles mortes, humides et colorées et la joie de vivre.

On commence fort avec Consoler of the Lonely et Salute Your Solution; cette dernière est possédée par un riff de guitare simple et radical, un duo vocal d’enfer où les instruments s’en donnent à coeur joie. On enchaîne avec un trio de chansons aux influences incongrues , mais qui forment un segment incroyable : You Don't Understand Me (Beatles), Old Enough (Lynard Skynard) et The Switch and The Spur (Pink Floyd à la sauce Syd Barrett). On passe le segment du milieu qui s'articule très bien autour de la chanson Top Yourself, le single de l'album aux influences très blues, pour terminer en grande force avec Rich Kid Blues, These Stones Will Shout et Carolina Drama.

Tout est là : guitares criantes, basse salle, batterie présente et irrégulière et voix affolantes appuyées par de l'orgue, du piano, du violon et autres instruments qui m'échappent.

Je n'aime pas beaucoup The White Stripes, mais je reconnais le talent de Jack White. Avec The raconteurs, sa magie est décuplée. Brendon Benson, dit l'homme orchestre, est un comparse extraordinaire pour ce fou de la guitare. Il lui offre vraisemblablement un capacité d'arrangements extraordinaire que le guitariste ne trouve pas avec sa frangine. Les deux chanteurs sont entourés d'une section rythmique sans faille.

Bref
Consolers of The Lonely est un album fabuleux; le rock-blues dans toute sa splendeur reposant sur des influences éclatées. Presqu'un classique...
  1. Consoler of the lonely
  2. Salute your solution
  3. You don’t understand me
  4. Old enough
  5. The switch and the spur
  6. Hold up
  7. Many shades of black
  8. Five on the five
  9. Attention
  10. Pull this blanket off
  11. Rich kid blues
  12. These stones will shout
  13. Carolina drama
Appréciation personnelle : 9/10

The Raconteurs - Consolers of The Lonely - Warner Bros (2008)

mercredi 27 août 2008

Death Cab For Cutie - Plans

Death Cab For Cutie est une étoile montante de la scène rock indépendante américaine. En fait, le groupe n'est plus vraiment indépendant puisque depuis 2004, il opère sous le label majeur qu'est Atlantic.

Ceci n'enlève rien à son talent et son inspiration. Paru en 2005, Plans est l'opus le plus important de Death Cab For Cutie à ce jour. C'est un album à la fois planant et énergique avec une enveloppe sonore sobre et contemporaine. L'instrumentation est simple : guitare, piano et autres claviers, basse et batterie. Là ne réside pas l'originalité de cet album.

En fait, Plans n'est pas vraiment un album original en soi, mais Death Cab For Cutie réussit à créer sur ses 11 chansons des ambiances envoutantes comme si chaque morceaux pouvaient faire partie d'une trame sonore d'une série télévisée de qualité comme Six Feet Under. La plupart des pièces sont des balades, mais rien pour danser un slow collé avec sa blonde. Au contraire, la recherche rythmique est impressionante se détachant souvent du tradionnel 4/4 boom chack, boom chak. Les claviers et les guitares se superposent à ces rythmes différents pour créer des enrobages très mélodiques. Je retiens les morceaux Marching Bands of Mannathan, Diffrent Names for the Same Thing, I Will Follow You into the Dark et Someday You Will Be Loved.

Plans est un album à écouter comme un tout. Depuis que François m'a passé cet album génial (Eh oui! Une autre découverte de Franky), il trône dans les plus hautes positions de mon Billboard personnel.

Appréciation personnelle : 9/10

Death Cab For Cutie - Plans - Atlantic (2005)

mardi 19 août 2008

Miles Davis - Kind of Blue

Paru en 1959, Miles Davis allait révolutionner la musique avec Kind of Blue. Non seulement a-t-il inventé un nouveau style jazz (Jazz Modal), il a aussi fortement influencé le courant rock progressif (Pink Floyd) qui suivra quelques années plus tard.

Kind of Blue est le classique des classiques du jazz. Plein de chaleur, de douceurs, de rythmes envahissant et de mélodies complexes, c'est un album qui ne peut laisser personne indifférent.

Enregistré rapidement en 2 sessions, l'opus réunit ce qui est considéré comme la meilleure formation jazz de tous le temps. Outre Miles Davis, on retrouve entre autre John Coltrane, Cannonball Aderley et Paul Chambers.

Je ne suis pas un fin connaisseur de jazz, une musique qui plus souvent qu'autrement me laisse froid. Il est donc difficile pour moi de l'analyser à fond. Mais avec Kind of Blue, je suis souvent transporté dans un autre univers musical, un lieu où les styles musicaux sont annihilés. C'est de la musique, de la grande musique. Un point c'est tout.
  1. So What
  2. Freddie Freeloader
  3. Blue in Green
  4. All Blues
  5. Flamenco Sketches
Appréciation personelle : 9.5/10

Miles Davis - Kinf of Blue - Columbia (1959)

samedi 9 août 2008

Midnight Oil - Earth and Sun and Moon

Parmi l'impressionnante discographie de Midnight Oil, j'aurais pu choisir Diesel and Dust, Blue Sky Minning ou même Capricornia, mais mon choix s'est arrêté sur Earth and Sun and Moon.

Paru en 1993 après le grand succès de Blue Sky Minning, la barre était haute pour le quintet australien avec Earth and Sun and Moon. Pourtant, la marchandise a été livrée avec brio. Earth and Sun and Moon est un album riche et énergique qui montre tout le grand talent de ce groupe qui a été l'une des meilleures formations rock des années '80 et '90.

Que ce soit pour les succès de palmarès qu'ont été les extraits My Country et Truganini ou les pièces plus sombres et complexes que sont Renaissance Man, Bushfire ou Outbreak of Love, j'invite tout le monde à reconnaître le génie créateur de Pete Garrett et sa gang. Tout y est ou presque : les textes engagés, les mélodies et les riffs accrocheurs, les belles harmonies vocales, un son brut avec une instrumentation organique, etc.

Lors de sa parution, j'ai beaucoup aimé Earth and Sun and Moon et quand je le réécoute aujourd'hui, je me dois de constater qu'il n'a pas perdu de son lustre et de sa pertinence. Peut-être le meilleur album de Midnight Oil. À écouter à fond de train dans l'auto sur l'autoroute.

Appéciation personelle : 8.5/10
  1. Feeding Frenzy
  2. My Country
  3. Renaissance Man
  4. Earth and Sun and Moon
  5. Truganini
  6. Bushfire
  7. Drums of Heaven
  8. Outbreak of Love
  9. In the Valley
  10. Tell Me The Truth
  11. Now or Never Land
Midnight Oil - Earth and Sun and Moon - Columbia (1993)

dimanche 16 décembre 2007

Bruce Springsteen - Magic

Les critiques étaient élogieuses avant même la sortie de Magic. Allais-je pourtant me laisser tenter moi qui ait toujours préféré Bruce Springsteen en spectacle? J'ai plongé et je ne regrette rien. Magic tourne beaucoup sur mon iPod. En fait, il n'y aurait que cet album ces temps et j'en serais très heureux.

À 61 ans,
Bruce Springsteen nous livre avec Magic un album majeur, peut-être le meilleur depuis Darkness On The Edge Of Town. Avec le E Street Band, le Boss a mis tous les ingrédients en place pour un album rock qui va droit au but. Magic est tout simpement efficace, mélodique, varié, rythmé et songé. Les premiers riffs de Radio Nowhere nous plongent dans un morceau rock intense qui démontre que les vieux de la veille sont encore capables de donner des leçons aux jeunes loups du nouveau rock. Avec Living In The Future, I'll Work For Your Love, Gipsy Biker, Long Walk Home et You'll Be Coming Down, Bruce Springsteen reste fidèle à lui-même avec un rock typique du E Street Band. Toutefois, les arrangements de cordes et la mélodie de Your Own Worst Enemy surprennent et témoignent d'une ouverture certaine de la part du Boss aux nouvelles tendances musicales véhiculées par The Arcade Fire et Rufus Wainright. Enfin, la pièce Magic mérite amplement d'être la chanson maîtresse de cet album. C'est un morceau magnifique et prenant qu'on écouterait sans cesse en boucle.

Voilà!
Magic est tout simplement un grand moment d'inspiration de la part d'un artiste majeur.

Appréciation personelle : 8/10

Bruce Springsteen - Magic - Sony/BMG (2007)
  1. Radio Nowhere
  2. You'll Be Comin' Down
  3. Livin' In The Future
  4. Your Own Worst Enemy
  5. Gypsy Biker
  6. Girls In Their Summer Clothes
  7. I'll Work For Your Love
  8. Magic
  9. Last to Die
  10. Long Walk Home
  11. Devil's Arcade
  12. Terry's Song (bonus non présent sur la pochette)

mardi 17 juillet 2007

Eric Bachmann - To The Races

Une révélation pour moi ce Eric Bachmann. Paru en 2006, To The Races est le premier album de ce chanteur folk américain. Il nous livre ici un album magnifique aux mélodies très accrochantes et aux arrangements très dépouillés (guitare, harmonica, violon, choeurs) qui démontrent toutefois une certaine complexité musicale. Écris en 6 mois lors d'un voyage en caravane, on sent qu'Éric Bachmann a fait un fort travail d'introspection pour pondre des chansons lourdes de sens.

Personellement, c'est un album qui me touche beaucoup parce qu'il a accompagné les premiers jours de Florent, mon fils, après sa naissance. Quelques chansons sont vraiment très belles comme
Man O'War, Carrboro Woman et Lonesome Warrior. On peut consulter le video de Lonesome Warrior sur YouTube en cliquant ici. Merci François pour cette belle découverte.

Pour en savoir plus sur Eric Bachmann, cliquez ici.

Appréciation personnelle : 9/10

Eric Bachmann - To The Races -
Saddle Creek Records (2006)
  1. Man O' War
  2. Home
  3. Carrboro Woman
  4. Genivieve
  5. Genie, Genie
  6. Lonesome Warrior
  7. To the Races
  8. Liars and Thieves
  9. Little Bird
  10. So Long Savannah